Plein feux sur la restauration du carton de tapisserie

Depuis dix mois au Musée de la Ville de Bruxelles, une équipe de restaurateurs franco-belge décolle, nettoie et consolide méticuleusement une œuvre exceptionnelle en « live » : le carton de tapisserie de Pieter Coecke. Ce mois-ci, la restauration entre dans sa phase la plus délicate : le marouflage. Le carton sera recomposé avant d’être collé sur une toile. Et cela se passera sous vos yeux, à l’occasion d’une journée spéciale, ce dimanche 9 octobre.  

Pour rappel, ce carton exceptionnel, issu des collections du Musée (Grand-Place, 1000 Bruxelles), est l’œuvre d’un grand peintre flamand, Pieter Coecke van Aelst (1502-1550). Il date de la première moitié du 16ème siècle (à une époque où Bruxelles excelle dans la tapisserie) et figure le Martyre de Saint Paul. En péril, il fait l’objet d’une importante restauration menée depuis 2015 par une équipe internationale. Sa restauration se déroule au sein-même du musée dans un atelier vitré construit à cet effet, permettant au visiteur de vivre cet impressionnant chantier. De manière toute à fait exceptionnelle, le Musée conserve également une œuvre textile, datant de la fin du 17ème siècle, réalisée par le tapissier bruxellois Albert Auwercx, à partir de ce carton. Nous vous en parlions en en détails en décembre dernier.

La phase la plus périlleuse démarre ce mois-ci. Comment coller cette œuvre de papier de 3m40 sur 3m80 sur un support ? D’abord, on prépare une toile de lin. Celle-ci est nettoyée, massée et placée sur un bâti en bois pour l’étirer. Trois étapes qui sont répétées jusqu’à l’obtention d’une toile parfaitement neutre et souple. On encolle ensuite celle-ci, et dans la foulée, on place plusieurs bandes de papier japon afin de créer une couche intermédiaire qui protègera le carton de la poussière et de la pollution, mais surtout, de rendre le marouflage réversible. Dans quelques années, des spécialistes devront peut-être intervenir sur l’œuvre. Ils pourront alors la décoller sans l’abîmer. Une fois le support prêt, on place le premier grand morceau de carton recomposé et on place ensuite la seconde partie. Il faut faire preuve de minutie pour l’ajuster parfaitement, tout cela en un temps record avant que la colle ne sèche. Une fois le carton marouflé, la restauration ne sera pas pour autant terminée. La prochaine étape constiste à réintégrer les lacunes, soit les parties disparues de l’œuvre. Le chantier se poursuit jusqu’au 30 avril 2017.

Ce dimanche 9 octobre, le Musée vous invite à rencontrer les restaurateurs et à assister à des visites guidées (14h et 15h) de l’exposition présentée en parallèle de la restauration, « Renaissance d’une œuvre d’exception : le carton de tapisserie de Pieter Coecke ». Découvrez les différentes étapes en vidéos sur le site du Musée.

 

Retrouvez également l’historique de cette réstauration en vidéos grâce à l’émission « Renaissance » de BX1 consacrée au carton de tapisserie de Pieter Coecke, à visionner ici !

 

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(c) KIK-IRPA

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