Nouvelle exposition au Musée du Costume et de la Dentelle

Après le glamour des tenues des années 30, le Musée du Costume et de la Dentelle dévoile, dès le 28 mai, ses extravagantes crinolines et ses robes à l’ampleur démesurée dans la nouvelle exposition Crinolines & cie, la bourgeoisie s’expose (1850-1890).

La crinoline, appelée faux-cul, pouf ou encore queue d’écrevisse, bouleversera par son extravagance et sa démesure la mode du 19e siècle. Un siècle marqué par la montée de la bourgeoisie et l’essor des industries. Elle est le reflet d’une époque innovante en constant changement : d’abord ronde, elle devient ovale, ensuite projetée. Elle libère les jambes des femmes et donne de l’ampleur à leurs robes. Corset et crinoline dessinent des silhouettes aux distorsions extraordinaires. La crinoline entrainera d’autres changements importants : les chevilles se dévoilent, les bottines gagnent quelques centimètres de talon et plusieurs corsages peuvent s’assortir à une seule jupe. Une révolution pour les femmes qui pouvaient se changer jusqu’à 8 fois par jour.

Si la mode était restée relativement stable jusque-là, elle va connaître une spectaculaire accélération. Cette époque est, par ces changements incessants et la progressive démocratisation du vêtement, fondatrice de la mode contemporaine. Elle devient l’apanage de la bourgeoisie urbaine qui se développe massivement à la seconde moitié du 19e siècle et qui accorde une importance considérable au paraître. Consciente d’être une position et non une classe, elle se sert du vêtement comme marqueur social, signe extérieur de richesse et de réussite. Elle se rend chez les photographes pour obtenir des portraits-carte de visite qui rendent visible son ascension sociale. Inventée en 1854 par André Disdérie, cette petite photographie est l’occasion d’affirmer sa position sociale en se mettant en scène. De la gestuelle, au décor et à la tenue, rien n’est laissé au hasard. Ces clichés apparaissent dans l’exposition au format original ou à taille humaine. En rapprochant l’histoire du vêtement à celle du portrait photographique, le musée présente deux médiums déterminants dans la construction de l’individu et de son image à cette époque.

L’ensemble des modèles d’époque présentés dans l’exposition Crinolines & cie proviennent des collections du Musée de la Ville de Bruxelles. Afin de faire entrer des pièces de créateurs contemporains dans ses collections, le Musée acquiert désormais chaque année, en collaboration avec le MAD, le travail de 5 créateurs bruxellois. Une de ces 5 pièces sert directement le propos de l’exposition annuelle. Pour cette deuxième année, le Musée invite le créateur Olivier Theyskens (aux commandes de la marque Theory, il a collaboré avec la maison Nina Ricci et la maison Rochas) à donner sa vision de la crinoline. Il offre au musée une crinoline romantico-rock fidèle à son image.

Autour de l’exposition :

– Un parcours ludique est prévu pour les enfants à partir de 7 ans (jeux interactifs et visites-ateliers créatifs « poupées jupons»).

– «Être et paraître » : visite combinée de l’exposition et des collections du Musée Fin de Siècle lors des Family days les 15/11. Et en 2016, le 10/01 et le 13/03 à 14h. Ainsi que lors d’une journée stage pour les enfants le 03/11 prochain.

– La 10ème Leçon de Mode, donnée le 22/10 par Lydia Kamitsis, sera consacrée à l’influence de la crinoline chez les créateurs contemporains.

 
Du 28/05 au 10/04
Du mardi au dimanche, de 10h à 17h
4€ (gratuit < 6 ans, et < 18 ans les weekends)
Rue de la Violette 12
1000 Bruxelles
Plus d’infos

crinolines

 

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