Arrivée d’une œuvre unique à la Grand-Place

Un tableau bruxellois spectaculaire du 17e siècle a fait son entrée ce lundi 5 décembre au Musée de la Ville de Bruxelles. Intitulé « Portrait d’une famille avec un prince royal dans la cour d’un palais » et réalisé par Lancelot Volders, l’oeuvre fut mise en vente à Vienne, le 18 octobre 2016 dernier. Grâce à l’intervention rapide et commune des Musées Royaux des Beaux-Arts, du Musée de la Ville de Bruxelles, de la Fondation Roi Baudouin et de deux mécènes privés, cette œuvre se trouve à nouveau à Bruxelles.

Alerté de sa mise en vente par les Musées Royaux des Beaux-Arts, le Musée de la Ville de Bruxelles a rapidement manifesté son intérêt pour cette œuvre, estimée entre 50.000 et 70.000 €. Dans l’incapacité de l’acheter, le Musée a entamé une course contre la montre pour réunir la somme requise. Grâce à la Fondation Roi Baudouin et à deux mécènes privés, Immobel et Monsieur Patrick Baillieux, l’œuvre acquise pour 65.000 € se retrouve aujourd’hui mise en dépôt au Musée de la Ville de Bruxelles. Son déballage et son accrochage ont eu lieu en présence de tous les partenaires et des autorités communales. Cette opération est le fruit d’une relation de confiance entre deux institutions publiques tout d’abord et le résultat d’une collaboration exemplaire entre mécénat privé et public.

volders

Daté de 1666, le tableau est signé par le peintre bruxellois Lancelot Volders (1636 – après 1714). Il a connu, en son temps, une belle renommé puisqu’il deviendra peintre de la cour d’Hendrik Casimir II de Naussau-Dietz (1657-1696) en Frise. Ni les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ni le Musée de la Ville de Bruxelles ne possèdent de tableau de sa main, seule l’église Notre-Dame de la Chapelle conserve une Sainte Aya devant la trinité.

volders

L’œuvre, une grande huile sur toile (170 x 225 cm), figure des personnages sur la terrasse d’un palais de Bruxelles ; on y reconnait la tour de l’Hôtel de Ville. Il offre un témoignage rare de ce que fut une demeure patricienne de le Renaissance et de l’époque baroque à Bruxelles. C’est un des seuls exemples documentés d’architecture civile, ces styles étant connus aujourd’hui essentiellement par l’architecture religieuse. Le bombardement de 1695 et la ville classique, puis néo-classique ainsi que la bruxellisation du 20e siècle on fait disparaitre presque tout ce qui relevait de cette production architecturale. Cette toile restitue donc une partie de ce patrimoine oublié et qui fut pourtant brillant, à la hauteur du rôle de capitale royale et impériale joué par Bruxelles aux 16e et 17e siècles. Cette acquisition est réalisée au profit de Bruxelles et de son patrimoine mais aussi de tous les Bruxellois qui peuvent dès le 6 décembre venir admirer l’œuvre pour en découvrir un peu plus sur leur propre histoire.

C’est également une occasion supplémentaire de pousser la porte de ce musée exceptionnel. Largement fréquenté par les touristes, il reste encore méconnu des Bruxellois. S’y achève actuellement la restauration en direct d’une œuvre exceptionnelle du 16ème siècle, le carton de tapisserie de Pieter Coecke. La Ville de Bruxelles a, en effet, fait de la valorisation de ses collections une priorité. A cet égard, elle a entamé un grand redéploiement de celles-ci. L’ouverture de la GARDEROBE MANNEKEN PIS le 4 février prochain en sera la prochaine étape.

Plus d’infos

Articles associés

Laisser un commentaire