Rencontre avec les Brigittines

Du 18 août au 3 septembre, le Festival International des Brigittines mettra les formes scéniques contemporaines à l’honneur : 12 créations internationales dont 8 premières en Belgique. Qui de mieux que le Directeur des Brigittines, Patrick Bonté, pour vous en parler et vous présenter ce centre d’art de la Ville de Bruxelles ? Rencontre.

Directeur des Brigittines depuis 6 ans, Patrick Bonté est à la base dramaturge et metteur en scène. Il a travaillé comme réalisateur radio, scénariste et écrit plusieurs pièces. Depuis trente ans, il créée également des spectacles avec la chorégraphe et danseuse Nicole Mossoux, entre danse et théâtre (Cie Mossoux-Bonté) qui l’ont « amené à beaucoup réfléchir sur les écritures hybrides, les langages scéniques particuliers, et à vouloir les défendre » explique-t-il.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce centre d’art, il le présente avant tout comme « un lieu de recherche et d’expression voué à des artistes, essentiellement des chorégraphes, dont l’écriture est centrée sur le geste et le mouvement, mais aussi l’image, le jeu, le rapport à la musique… ». L’activité est articulée autour de quatre pôles : la saison, les résidences de créations, un festival international et un important travail de proximité réalisé avec le quartier des Marolles.

Quelle est la spécificité des Brigittines ?

« Ce qui est très singulier, c’est le lieu lui-même, son atmosphère : la Chapelle est un espace clos (les murs ont gardé la mémoire de trois siècles) et ouvert (il donne sur la rue, on entend les trains, les cloches de l’Eglise de la Chapelle). Sa nature est double : passé et présent se tutoient, et, au fond, c’est très naturellement qu’il a trouvé vocation à accueillir la création d’aujourd’hui. Le lieu est fort et donne un écho toujours surprenant aux spectacles, il les met en perspective. Son caractère imposant et empreint de mystère demande des réponses à sa hauteur ».  

A qui s’adresse la programmation ?

« Nous n’avons pas de public-cible, même s’il est évident que la nature des œuvres présentées intéresse en priorité les gens curieux, sans a priori, qui aiment se laisser surprendre par une œuvre ou qui sont tout simplement intéressés par la création contemporaine. C’est à la fois « pointu » et ouvert à tous ! Le choix des spectacles repose sur la conviction que toute œuvre, même inédite et radicale, peut toucher tout le monde, à condition qu’elle vise à un partage du sensible et qu’elle s’appuie sur un travail de langage. Il me semble qu’aujourd’hui le corps, tel que le présente la danse contemporaine, offre beaucoup de pistes d’émotion, de réflexion, de compréhension de ce que nous sommes ».

Que font les Brigittines pour s’ouvrir à de nouveaux publics ?

« Il s’agit avant tout d’être exigeant artistiquement et clair dans la communication. De montrer que la création peut émouvoir et déstabiliser les clichés et les idées reçues. Il ne s’agit pas de lui demander d’offrir un miroir au monde mais de recréer un ou des mondes. La médiation est importante pour que ces enjeux soient bien compris et ne suscitent pas de malentendu… Nous travaillons beaucoup là-dessus, notre travail sur le quartier participe également de ce désir. L’art est le lieu du singulier qui s’adresse à tous, c’est ce que je crois. »

Quelle est la philosophie du festival ?

 « Le Festival est thématique depuis 1995. Il opère une traversée très orientée des formes scéniques contemporaines : univers insolites, spectacles s’ouvrant à l’imaginaire comme des objets de pensée ou de fantasme. La programmation est centrée sur une problématique qui permet de poser une question souvent paradoxale et d’orienter le regard du spectateur : des rapprochements, des voies de lecture, lui sont proposés. Il peut créer, selon sa perception, des liens entre des spectacles très différents dans les styles, mais qui abordent des sujets assez proches. Cette année, ce sera “La grâce et le désastre” ».

Quels seront les temps forts de cette édition 2016 ?

« Je n’aime pas trop parler en termes de « temps forts ». Tous les spectacles sont importants et nous défendons chacun de la même manière. Dans le choix, je ne tiens aucun compte de la mode ni de la notoriété des artistes. Seuls comptent l’enjeu et le propos des spectacles qui, cette année, viennent d’Italie, d’Argentine, de Suisse, de France, du Canada, d’Espagne, d’Angleterre et de Belgique… »

Que ne faut-il pas manquer durant cette saison 2016-2017 ?

« Il y aura pas mal de créations, dont celles de Samuel Lefeuvre et Florencia Demestri, Mauro Paccagnella, Lisbeth Gruwez, Karine Pontiès, Harold Henning… La participation à Brussels Dance ! en février-mars 17. Une chorégraphie de Christian Bakaloff avec des habitants des Marolles. Et puis un événement un peu particulier et qui nous excite beaucoup : un « Swap », un échange d’équipe et de programmation avec le Beursschouwburg avec qui nous nous sentons beaucoup d’affinités (avril 2017) ».

Du 18/08 au 3/09
A 19h et/ou 20h30 (en fonction du jour) en salle Mezzo ou dans la Chapelle
De 14 à 5 €

Petite rue des Brigittines
1000 Bruxelles
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