Sex in the City, du livre à l’exposition

Jusqu’au 17 mars, les Halles Saint-Géry dévoilent une Bruxelles intime et méconnue grâce à l’exposition Sex in the City. Celle-ci prend pour point de départ le livre Sex in the city. Les lieux du plaisir à Bruxelles du 19e siècle à la révolution sexuelle, dernier numéro de la collection Historia Bruxellae éditée par les Musées de la Ville de Bruxelles. Son auteur, Gonzague Pluvinage, a contribué à sa mise en exposition aux côtés de Stéphanie Pécourt, nouvelle Directrice des Halles Saint-Géry, et de son équipe.

En juin 2016 est paru le dernier numéro de la collection Historia Bruxellae à l’occasion de l’exposition Just Married. Une histoire du mariage au Musée du Costume et de la Dentelle (Juin 2016 > avril 2017). Cette collection de 19 petits volumes (9,50 €) aborde les thèmes les plus variés de l’histoire de Bruxelles avec un focus privilégié sur la vie quotidienne, du Moyen-Age au 20e siècle : Manneken-Pis, la tapisserie bruxelloise, la couleur dans la ville ou encore l’art de la table.

Le petit ouvrage Sex in the city, au travers de l’histoire des lieux de sexualité dans l’espace public, lève le voile sur les dessous du modèle de la conjugalité hétérosexuelle. Schéma normatif, il sera ébranlé par la révolution sexuelle des années 1960-1970 et remis en cause à coups de slogans demeurés célèbres : « Jouissez sans entraves, déboutonnez votre cerveau comme votre pantalon ».

« Au 19e siècle, le mariage, hétérosexuel, monogame et à but reproductif, s’inscrit comme l’institution de régulation morale, idéologique et sexuelle qui doit permettre l’harmonie du corps social. Selon ce modèle normatif, le lit conjugal est le seul lieu où le sexe est totalement acceptable et toute manifestation de la sexualité dans l’espace public est par principe illégitime. Pourtant, que ce soit par plaisir ou par nécessité, la sexualité continue à se vivre au dehors. Et à mesure que le siècle avance, les lieux de drague et de consommation sexuelle, lieux extérieurs ou commerciaux, se multiplient à Bruxelles et leur nature se diversifie en conséquence de l’urbanisation croissante et de l’amélioration des conditions de vie. Maisons closes, estaminets, promenades, parcs, rues et jardins mais aussi sex-shops, saunas ou encore cinémas sont progressivement investis pour des rapports sexuels, tarifiés ou non »  explique son auteur, Gonzague Pluvinage.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Sommes-nous sexuellement aussi libérés que nous pouvons avoir tendance à le penser ? Pour stimuler la réflexion sur les usages modernes du sexe, l’exposition Sex in the city des Halles Saint-Géry propose un double regard original : celui de l’histoire, de 1830 à nos jours, et celui de l’art. Des documents et images d’archives étonnantes y dialoguent avec les œuvres d’artistes contemporains basés à Bruxelles (Manon Bara, Pascal Bernier, Ian Dykmans, Olga Fedorova, Pierre Libaert, Kika Nicolela et Ubay Martin) qui interrogent le sexe aujourd’hui et ses nouvelles contraintes dans un monde de plus en plus digital et dématérialisé.

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