Encourager le mécénat culturel

Les institutions et les artistes vous le diront, le financement de la Culture en Belgique est aujourd’hui insuffisant. Même si l’Etat, à tous les niveaux de pouvoirs, doit faire le choix d’investir toujours davantage dans celle-ci, les budgets publics sont de plus en plus restreints. L’investissement privé dans la Culture par le levier qu’est le mécénat est donc primordial et complémentaire pour renforcer les budgets. Il doit être encouragé.

Actuellement, dans la législation belge, la déductibilité fiscale est complexe, limitée et peu attrayante. Pourtant, les entreprises, et les particuliers, sont enclins à investir dans la culture. Pour cette raison, Karine Lalieux, Echevine de la Culture et Députée fédérale, a déposé une proposition de loi qui simplifie le mécanisme de déductibilité fiscale et renforce son attractivité. En voici les grands axes.

Cette proposition comporte deux volets :

Le premier volet vise à doper la déductibilité fiscale en cas d’acquisition d’œuvres d’art. Ce mécanisme soutiendra ainsi la création et les artistes vivants en Belgique. Pour un patron d’entreprise ou de PME, les montants déductibles pourront atteindre un plafond de 1 million d’euros et 10% du chiffre d’affaire. Aujourd’hui, la déduction est limitée pour les entreprises à 5 % et 500.000 euros. Si vous êtes une personne physique, ce plafond reste à 250.000 euros mais sera indexé.

Deux conditions à la clé de cette déductibilité : que les œuvres acquises soient exposées à la vue du public ou à tout le moins des travailleurs de l’entreprise. Et qu‘elles puissent être prêtées gratuitement à des institutions culturelles publiques ou privées pour l’organisation d’expositions et ce durant une période minimale de 10 ans.

Le second volet vise le soutien aux institutions culturelles publiques ou privées, que ce soit dans l’organisation d’une exposition, la commande d’une œuvre ou dans la rénovation d’une salle ou d’un bâtiment. Dans ce cadre, les apports en matériaux, locaux, produits,…sont aussi déductibles.

Ce second volet vise aussi l’acquisition d’œuvres d’art destinées à être exposées dans l’espace public. Une manière de faire sortir les œuvres des musées et de les insérer dans la vie quotidienne des gens. C’est aussi une manière de soutenir l’art urbain, un secteur artistique en pleine expansion, et de rendre l’art accessible à tous.

L’art est bien plus qu’un levier économique. Il est un formidable facteur d’émancipation, de bien-être collectif et individuel. Et cette proposition vise à favoriser la présence de l’art dans la ville et dans la vie de chacun.

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