Dernier acte d’une restauration de haut vol au Musée de la Ville de Bruxelles

Après 18 mois de restauration minutieuse, le carton de tapisserie de Pieter Coecke datant du 16e siècle est aujourd’hui raccroché dans un état exceptionnel dans une des salles du Musée de la Ville de Bruxelles. La Maison du Roi est l’un des rares musées au monde à posséder un carton de tapisserie quasi complet et une tapisserie datant du 17e siècle réalisée à partir de ce dernier.  De nombreux professionnels belges et étrangers sont venus le découvrir à l’occasion d’un colloque organisé ces 2 et 3 octobre. Venez le découvrir à votre tour.

En 2012, le Metropolitan Museum of Art de New York sollicitait le Musée de la Ville de Bruxelles dans le cadre d’un projet d’exposition consacrée au peintre Pieter Coecke van Aelst (1502-1550). Et ceci dans le but précis d’emprunter un carton de tapisserie figurant le Martyre de saint Paul attribué à Pieter Coecke. Cette œuvre condense la vitalité et les préoccupations d’une époque en pleine mutation, la Renaissance. Pour ceux qui l’ignore, un carton de ce type sert de base au tissage d’une tapisserie, art dans lequel notre ville excella durant de nombreux siècle. La Ville de Bruxelles a dès lors entamé des analyses pour déterminer la faisabilité du prêt. Trop fragile, cette gigantesque fresque de papier (près de 4 mètres sur 4) ne pouvait être transporté en l’état. Néanmoins, le Musée de la Ville de Bruxelles a profité des études entamées pour lancer en 2015, après une récolte de fonds, un grand chantier visant la restauration de cette œuvre exceptionnelle.

Le déplacement même de l’œuvre risquait de la mettre en péril. Pour cette raison, un atelier de restauration vitré a été installé directement dans le musée, au deuxième étage. Durant deux ans, le public a pu observer l’équipe internationale de restaurateurs au travail. En commentaire à cette restauration, une exposition invitait à l’exploration de l’univers artistique et historique de cette œuvre insolite. Les différentes étapes, dont les plus délicates, de cet ouvrage de longue haleine ont été immortalisées dans des capsules vidéos passionnantes et sont visibles sur le site du Musée.

 

Ce chantier s’est terminé par une restauration dont nous pouvons légitiment être fiers. L’œuvre a retrouvé sa cohérence et sa beauté. En outre, sa restauration  a permis une avancée spectaculaire des connaissances liées à l’œuvre mais aussi aux cartons de tapisseries : un travail qui a suscité l’intérêt d’un grand nombre de spécialistes et d’amateurs du monde entier. D’où l’organisation par l’équipe du Musée de la Ville, avec le soutien de la Région  de Bruxelles-Capitale, de deux journées d’études ces 2 et 3 octobre. Celles-ci ont drainé plus d’une vingtaine d’orateurs, suivi par un public de 160 spécialistes et étudiants. Les interventions seront publiés d’ici peu dans les Cahiers Bruxellois, venant ainsi conclure plusieurs années de travail et une magnifique aventure humaine.

Convaincu de l’intérêt de cette restauration dès les prémices, l’Echevinat de la Culture a entrepris les efforts budgétaires pour la rendre possible, avec l’aide de la Fondation Roi Baudouin et de la Région bruxelloise et a consenti à l’occupation pendant deux ans d’un étage du musée. D’une valeur inestimable, ce carton de tapisserie est l’un des rares à avoir survécu aux aléas du temps dans sa quasi entièreté. Ce dessin à grandeur d’exécution a servi de modèle à des générations de tisserands ;  quatre de ces tapisseries existent toujours dont une est conservée au musée. Le carton est aujourd’hui exposé dans tout son éclat, aux côtés de cette tapisserie, au Musée de la Ville de Bruxelles. Venez les découvrir !

Musée de la Ville de Bruxelles
Grand-Place – 1000 Bruxelles
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