14-18 Bruxelles à l’heure allemande

6_14-18-AfficheL’exposition 14-18 Bruxelles à l’heure allemande a été inaugurée le 20 août dernier au Musée de la Ville de Bruxelles dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale. Pour l’occasion, le drapeau de l’empire allemand du IIe Reich flottait sur la façade du Musée.

Cent ans plus tôt, jour pour jour, les troupes allemandes entraient dans Bruxelles et l’état-major allait s’installer dans l’Hôtel de Ville et y faire hisser le drapeau noir-blanc-rouge. Les Allemands allaient occuper la ville pendant 50 mois et faire de Bruxelles, avec Luxembourg, la seule capitale d’Europe et la plus grande ville du continent à vivre toute la durée du conflit sous occupation. Loin des images traditionnelles des tranchées, la vie quotidienne des Bruxellois est le fil rouge choisi pour l’exposition. Afin de ne pas réduire l’Allemand à l’occupant et de replacer le conflit dans le contexte européen, l’exposition compare la vie quotidienne des civils bruxellois à celle des habitants des grandes villes allemandes de l’époque.

Jusqu’en 1918, loin des combats, les Bruxellois vont tenter de résister à un régime d’occupation oppressant et humiliant. Rapidement, un extraordinaire réseau d’œuvres privées se met en place pour venir en aide aux plus démunis. Grâce à un vaste mouvement de solidarité dans les pays neutres et alliés, les Bruxellois vont pouvoir survivre en ces temps difficiles. Sous la protection et le patronage des ambassadeurs d’Espagne (le marquis de Villalobar) et des Etats-Unis (Brand Whitlock), un Conseil national de Secours et d’Alimentation est créé dès le début du conflit. Pendant quatre ans, il va assurer l’importation et la distribution de vivres, de vêtements et de charbon, grâce au concours des Etats-Unis, de l’Espagne et des Pays-Bas notamment.

Le gouvernement étant en exil au Havre, les communes restent parmi les seules structures administratives qui fonctionnent en territoire occupé. Le 19 août, alors que les troupes allemandes sont aux portes de la ville, le bourgmestre Adolphe Max fait placarder des appels à ses concitoyens. Soucieux de protéger les Bruxellois des violences guerrières, il fait appel à leur calme et leur sang-froid tout en leur rappelant leurs devoirs patriotiques. Il les assure également que les autorités communales ne déserteront pas. Le lendemain, il communique aux Allemands sa décision de s’installer dans l’Hôtel de Ville. Ses instructions sont suivies à la lettre et c’est sans coup férir que les soldats allemands prennent possession de la capitale belge. Il n’y a pas eu de « bataille de Bruxelles ». On peut penser que l’attitude du bourgmestre a permis d’éviter un bain de sang et, peut-être, la destruction de Bruxelles. Quelques semaines plus tard, Adolphe Max s’oppose à la contribution de guerre que l’occupant inflige à la ville. Il est arrêté et déporté en Allemagne. Alors qu’il n’aura exercé ses fonctions dans la ville occupée que pendant un peu plus d’un mois, il symbolise encore aujourd’hui la résistance à l’occupant.

14-18 Bruxelles à l’heure allemande a été réalisée essentiellement à partir des collections des Archives et du Musée de la Ville de Bruxelles. Des objets donnés ou prêtés par les Bruxellois qui ont répondu à un appel public lancé en 2013 sont aussi exposés. Les collaborations avec le Musée historique allemand de Berlin et les Archives de l’Etat de Hambourg enrichissent davantage son contenu, traduit également en allemand par le Goethe Institut de Belgique.

Fidèle à sa tradition, l’équipe du Musée a tenu à rendre l’exposition accessible à tous : les familles seront accompagnées dans leur visite grâce au jeu parcours enfants, des visites guidées ont été spécialement conçues à l’intention des malvoyants et des malentendants et un dossier pédagogique est mis à la disposition des enseignants.

Par ailleurs, un riche programme d’activités accompagne l’exposition : des conférences d’historiens, des concerts de musique d’époque (à la fois musique classique et chansons écrites à Bruxelles pendant l’occupation), des projections de documentaires, une collaboration avec les Classes du Patrimoine pour les publics scolaires ainsi qu’une création et des animations théâtrales dans le cadre du projet Exils 1914 mené par la compagnie MAPS.

Les visiteurs pourront approfondir et prolonger leur visite sur le site internet www.14-18.bruxelles.be conçu spécialement par les Archives de la Ville et disponible en ligne depuis janvier dernier. Il sera régulièrement alimenté jusqu’en novembre 2018. Le dernier numéro des Cahiers Bruxellois, publiés par les Archives, élargit encore le propos en étudiant la situation d’autres villes, libres ou occupées (Mons, Bruges, Berlin, Vienne, Londres,…).

L’exposition est placée sous le sous le Haut Patronage de Leurs Majestés le Roi et la Reine.

 

Du 21/08 au 3/05/2015

Ouvert du mardi au dimanche
De 10h à 17h et le jeudi jusqu’à 20h
Fermé les lundis et le 1/11, le 25/12, le 1/1 et le 1/05
Grand-Place
1000 Bruxelles
Plus d’infos

 

Autour de l’exposition

Conférences 

Jeudi 11/09/2014 à 18h30 – Salle des Milices de l’Hôtel de Ville
Le besoin de héros dans nos sociétés et la figure emblématique du patriotisme bruxellois à l’époque de la Première Guerre mondiale, le bourgmestre Adolphe Max. Par Roel Jacobs.

Mardi 16/12/2014 à 18h30 – Salle des Milices de l’Hôtel de Ville
Gabrielle Petit, résistante bruxelloise fusillée en 1916. Par Sophie de Schaepdrijver (Pennsylvania University).

Jeudi 15/01/15 à 18h30 – Salle Gothique de l’Hôtel de Ville
Des Belges à l’épreuve de l’exil en 14-18. Par Michael Amara (Archives générales du Royaume).

 
Concerts

Dimanche 21/09/14 à 12h – Grand-Place
Emballage Kado présente Zeet ee den Ourlog (dans le cadre de Folklorissimo).

Mardi 11/11/14 à 18h30 – Salle Gothique de l’Hôtel de Ville
Morceaux classiques de l’époque mêlés à des morceaux de compositeurs bruxellois. Evelyne Bohen (soprano) et Mariano Ferrandez (piano).

Jeudi 12/02/15 à 18h30 – Salle Gothique de l’Hôtel de Ville
Les Brebis Galantes réinterprètent des chansons bruxelloises de l’occupation. Tristan Droillard (chant) et Xavier Locus (piano). 

 
Lecture et débat

Jeudi 26/03/2015 à 18h30 – Salle Gothiqe de l’Hôtel de Ville
La compagnie de théâtre MAPS présente « Exils 1914 » : trois monologues d’exilés de guerre, suivis par un débat assuré par Olivier Standaert, journaliste et historien.

Visite guidée de l’exposition

Dimanche 05/10/14 à 14h (premier dimanche du mois)
Mardi 11/11/14 à 16h (ouverture à l’occasion de l’Armistice)
Dimanche 07/12/14 à 14h (premier dimanche du mois)
Dimanche 01/02/14 à 14h (premier dimanche du mois)
Dimanche 05/04/14 à 14h (premier dimanche du mois) + animations théâtrales : la compagnie de théâtre MAPS présente « Exils 1914« .

 
Projections

Mardi 25/11/2014 et mardi 02/12/2014 à 19h : « 14, des armes et des mots » (V.O en allemand, sous-titres en français). Goethe Institut, rue Belliard 58, 1040 Bruxelles

 

 

 

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